Les Troubles Musculo-Squelettiques

On appelle TMS (troubles musculo-squelettiques), les pathologies des articulations, des tendons et des nerfs : articulations des doigts, du poignet, du coude et de l’épaule. Si en parlant de TMS, on pense surtout aux membres supérieurs, ces pathologies touchent aussi les membres inférieurs comme les genoux ou encore le dos.
Le travail répétitif, une cadence élevée, des gestes en force sont connus pour être trois des principaux facteurs qui engendrent les TMS. Mais l’on sait aujourd’hui que le stress, l’isolement, la pression d’objectifs que l’on ne peut pas atteindre, les conflits… sur son lieu de travail déclenchent immanquablement de l’angoisse, des insomnies, des douleurs au dos. De la tête aux pieds, c’est le corps tout entier qui est pris dans la spirale des TMS. Longtemps, seuls les travailleurs à la chaîne étaient concernés. Aujourd’hui, ces pathologies touchent les caissières, les femmes de ménage, les jardiniers, les salariés qui travaillent à un bureau, devant l’ordinateur.
En 1991, les TMS devenaient la 1ère maladie professionnelle déclarée en France. Dans les années 90, les entreprises réagissaient par une attitude de négation du problème : "oui, mais le travail, de toutes façons, c’est fatiguant" ou bien "c’est parce qu’il est trop vieux", "c’est parce que c’est une femme", "parce qu’il s’y prend mal »… on n’est pas sur du lien de cause à effet entre le travail, ses mouvements répétitifs et la pathologie qui apparaît…
Seulement les TMS se sont mis à coûter cher aux entreprises : arrêt maladie, absentéisme, turn over trop important, baisse de productivité. Face à cette évidence, les consciences se sont éveillées et depuis on s’interroge sur des recherches de solutions pour enrayer le développement de ces pathologies.
Le problème, c’est que travailler sur l’amélioration du geste et de l’outil ne suffit pas. Pour enrayer le problème, il faudrait réfléchir et revoir l’organisation du travail, la polyvalence, les questions de rotation inter-postes, l’enrichissement des tâches… tout l’enjeu, c’est de trouver un compromis pour l’ensemble des acteurs, et ainsi arriver à travailler au meilleur coût, en toute sécurité, sans que les salariés souffrent et soient « cassés » par leur travail..
On voit peu d’entreprises faire le choix de l’amélioration des conditions de travail car beaucoup d’entre elles raisonnent, c’est légitime, en terme de coûts et de profits. Elles veulent un retour sur investissement très rapide et lisible mais aujourd’hui encore, il est difficile de trouver un indice de retour sur investissement au niveau de la prévention. Mais est-on vraiment sur de perdre de l’argent et de la productivité en travaillant sur la santé et le bien-être au travail ?
Le salarié est avec la hiérarchie, le médecin du travail, un acteur essentiel de la réflexion. On ne prend pas toujours en compte la place du travail dans la vie sociale du travailleur. Outre le salaire, bien des employés sont attachés à leur métier, à leur travail et à l’envie de bien le faire. Il a besoin que son investissement personnel soit reconnu. Bien des fois il rechigne à déclarer des problèmes, à se mettre en arrêt maladie ou à déclarer une maladie professionnelle. « Il faut qu’on fasse notre quota » ; « la prod, il faut bien la faire ! ».
Ils préfèrent se taire, car ils ont peur de mettre leur entreprise en difficultés, peur d’être les 1ers à partir lors des plans sociaux, peur de perdre leur emploi.
Sans compter, qu’il faut encore savoir à qui et avec qui parler pour ne pas s’entendre dire : « c’est une petite nature », « il essaie de profiter du système » !!!
On ne fait pas forcément la relation entre douleur et travail, on compense pour que ça passe… et du coup ça passe… oui mais jusqu’à quand ? … « Et puis, avoir mal, c’est normal ».
Quand on automatise le travail, c’est pour aller plus vite. Mais l’homme n’est pas une machine, il ne peut pas aller perpétuellement plus vite, le corps a ses limites. Quand on embauche un salarié, ce n’est pas pour le jeter au bout de 10 ans, usé, et le remplacer par un plus jeune. On peut avoir envie qu’il se développe, qu’il prenne du plaisir à ce qu’il fait, qu’il offre tout son potentiel.
Plus il y aura d’acteurs mobilisés sur les TMS et plus la prévention sera efficace.
Observation de l’organisation, de l’environnement des gens, prise en compte de leur opinion, chez Reor nous pratiquons une approche globale de la situation de travail, physique, physiologique, psychologique et psychique. Nous sommes convaincus de la nécessité de prendre en compte le fonctionnement humain au travail et du réel enjeu à marier productivité, qualité et sécurité-santé pour aider les acteurs à modifier leurs pratiques, ce qui n’est pas simple à faire mais que l’on se doit d’essayer et de plus nous sommes sûr d’y gagner !!!!
Andrée Charles, Responsable du pôle Prévention des Risques Professionnels au sein du Cabinet Reor.
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